Nature

La majesté des cygnes sur la Tamise. Un plaisir royal !

Comme l’évoque Peter Ackroyd dans son fabuleux ouvrage Thames: sacred river, le cygne est associé à la Tamise depuis des temps immémoriaux. En 1295 le monarque anglais nomma pour la première fois un Swan Master (Maître des Cygnes) chargé de veiller au bien-être de ces gracieux oiseaux tout le long du fleuve. La Reine d’Angleterre est également appelée le Seigneur des Cygnes. C’est dire si cet oiseau revêt une importance toute particulière pour la couronne britannique.  read more…

Des baleines à Londres ?

Durant la matinée du vendredi 20 janvier 2006, les services de secours londoniens furent submergés de curieux appels. Une baleine aurait été repérée dans la Tamise ! Ce n’était pas une hallucination, une jeune baleine à bec venait en effet de passer en-dessous de Westminster Bridge. Le cétacé, surnommé “la baleine de la Tamise” semblait s’être perdue, puisque son habitat se trouve normalement bien loin de Londres, au large de l’Ecosse du Nord, dans les eaux de l’Océan Arctique. Ce fut la première fois qu’une baleine fut aperçue dans la Tamise depuis le début des observations en 1913. read more…

Les affluents de la Tamise

Wikipedia recense 51 affluents qui se jettent dans la Tamise de la source à l’embouchure, auxquels il faut encore ajouter une série de canaux (comme par exemple le Regent’s Canal, qui rejoint la Tamise à hauteur de Limehouse). Je vous propose d’en passer quelques uns en revue. read more…

La source de la Tamise.

La Tamise prend officiellement sa source à Thames Head / Trewsbury Mead (cf photo ci-dessous), un site situé à proximité du village de Kemble et de la ville de Cirencester, dans le Gloucestershire, à une altitude de 110m au-dessus du niveau de la mer (qui constitue donc le point haut du dénivelé de la Tamise). read more…

Les marées de la Tamise.

La Tamise est un fleuve dont le niveau varie considérablement entre les marées (jusqu’à 7 mètres (24ft) de différence). Si vous prenez la direction de la City depuis Putney à bord d’un bateau bus à marée basse, vous constaterez que les berges vous paraîtront particulièrement hautes. Vous pourrez même voir des bateaux comme amarrés dans le vide, notamment des péniches converties en bars-restaurants. Si vous repassez au même endroit à marée haute, ces bateaux seront à flot. Le débit moyen de la Tamise est de 81,7 m³ par seconde (mesuré à Teddington). La marée monte à une vitesse de 3 à 5 kilomètres par heure, jusqu’à 8 au printemps (une résistance dont il faut tenir compte si vous naviguez dans le sens du courant mais contre le cours de la marée). Vous pouvez consulter les horaires des marées sur le site du Port de Londres.

Charles Watson, bateaux à marée basse à Chelsea – 1879

La marée montante présente un risque non négligeable pour les véhicules nonchalamment garés sur les rampes de mise à l’eau (slipways).

putney maree haute voiture

En 2015 l’artiste Jason deCayres Taylor a installé quatre sculptures de chevaux dans le fleuve, révélées uniquement à marée basse.

maree basse artiste sculptures tamise

Le fait que la Tamise soit ainsi soumise au cycle des marées influence considérablement la manière dont la navigation y est réglementée. Les opérateurs commerciaux sont soumis à des normes plus sévères entre l’écluse de Teddington et l’embouchure du fleuve, une section appelée Tideway qui requiert une attention de tous les instants, tant les courants maritimes peuvent s’avérer dangereux, notamment à l’approche des ponts et pontons. Une vive agitation qu’accentuent encore les remous des plus gros navires.

Les règles sont plus souples sur la partie non soumise à la marée (en amont de Teddington), davantage réservée à la navigation de plaisance.

tidal thames map marees tamise

La Tamise soumise aux marées, de Teddington à l’embouchure.

 

La vitesse de navigation est limitée à 8 noeuds en amont du pont de Wandsworth et à 12 noeuds entre le pont de Wandsworth et Margaretness, juste à l’est de London City Airport.

limitations vitesse tamise maritime

Écumer les berges

À certaines époques de l’histoire, l’amplitude des marées était telle que l’on pouvait semble-t-il traverser le fleuve à pied à marée basse en plein coeur de la capitale, à condition de vouloir braver les pièges de la boue et la pestilence des effluves. En 1858 l’odeur était telle que les sessions du parlement (situé sur la rive gauche de la Tamise) furent suspendues et que l’on décida de résoudre une fois pour toutes le problème de l’évacuation des déchets, jusque là déversés dans le fleuve sans le moindre filtrage. Nous reparlerons de ces grands travaux dans un prochain article.

Aujourd’hui les piétons ne tentent plus la traversée mais, dès que le fleuve se retire, on en voit beaucoup se balader sur les berges, armés d’un détecteur de métal, dans l’espoir de dénicher un petit trésor déposé par le courant. On appelle cela le « mudlarking » (écumer les berges), un hobby qui nécessite de nos jours un permis en bonne et due forme (£75 par an).

mudlarking epoque victorienne

Écumeurs de berges (mudlarkers) en bord de Tamise à l’époque victorienne.

Le mudlarking est pour certains une véritable passion, ponctuée d’instants romantiques et d’autres plus tragiques, comme le raconte Lara Maiklem, une adepte de la discipline depuis une vingtaine d’années:

« La découverte de marques d’affection est une expérience particulièrement intense. Au 17ème siècle, au lieu d’une bague, les amoureux pliaient une pièce en argent de 6 pences qu’ils remettaient à leur dulcinée. Si l’amour était réciproque, la jeune femme conservait ce présent. Sinon il finissait dans la rivière. Des alliances sont encore de nos jours régulièrement retrouvées sur le rivage, ce qui laisse penser que la Tamise reste le réceptacle des coeurs brisés, des rêves mais aussi de l’ultime désespoir: le suicide. Je n’oublierai jamais ce jeune homme que j’ai aperçu échoué sur le rivage il y a quelques mois… »

Londres depuis les collines qui bordent la Tamise.

L’urbanisation nous donne parfois l’impression que la Tamise coule au milieu d’une immense plaine. Mais si vous avez déjà effectué à pied le trajet qui sépare Westminster de Hampstead ou Wandsworth de Wimbledon vous aurez remarqué que le fleuve est en fait relativement encaissé, souvent entouré de collines aujourd’hui densément peuplées, à l’exception de quelques oasis (Hyde Park, Regent’s Park, Battersea Park, Richmond Park,…) qui nous rappellent que Londres fut longtemps entourée de vastes espaces verts, offrant un tableau très bucolique.

Regardez par exemple cette vue de la ville en 1543, que l’on doit à Anthony Van Wyngaerde, un dessinateur flamand spécialisé dans les vues paysagères urbaines. On y découvre la cathédrale St Paul et si l’on observe bien la carte, juste à gauche, un cours d’eau qui jadis venait se jeter dans la Tamise à l’emplacement de l’actuel pont de Blackfriars, la rivière Fleet, qui a donné son nom à la rue qui relie aujourd’hui le Palais de Justice à Farringdon Street. Fleet Street où se concentraient autrefois la plupart des titres de presse.

À gauche de l’illustration on retrouve l’Abbaye de Westminster qui, comme vous pouvez le constater, était alors à l’extrémité occidentale de la zone urbanisée, simplement rattachée au coeur de la ville par une bande assez étroite de palais et larges demeures.

Londres 1543 Anthony Van Wyngaerde

Une fois gravies, les collines qui entourent la ville vous offrent encore aujourd’hui de magnifiques panoramas. Voici trois points de vue que je recommande à celles et ceux qui ont l’occasion de découvrir Londres de Greenwich à Richmond.

1° Depuis l’observatoire de Greenwich (Musée Maritime à l’avant plan, Canary Wharf sur la droite en arrière plan).

Vue depuis l'observatoire de Greenwich sur la Tamise

Avec un peu plus de recul, depuis le sommet de One Tree Hill, on peut retrouver certains éléments du paysage sur cette toile de John Feary (1779). Le centre de Londres, à l’arrière plan, est alors bien éloigné.

john feary greenwich one tree hill 1779

2° Depuis Parliament Hill à Hampstead Heath

vue sur Londres depuis Parliament Hill

La vue était bien différente à l’époque de John Constable, vers 1820.

Hampstead Heath John Constable 1820

 

3° Depuis Richmond Hill (Terrace Field Park)

Richmond Hill Terrace field vue Tamise

Un point de vue qui avait retenu l’attention de Turner au début du 19ème siècle (Richmond Hill, le jour de l’anniversaire du Prince Régent, 1819, un tableau que vous pouvez retrouver à la Tate Britain tout comme celui de Constable).

Richmond Hill on the Prince Regent's Birthday, 1819, William Turner