La Tamise https://www.latamise.com Histoires d'un fleuve légendaire Tue, 22 Sep 2020 16:06:42 +0000 fr-BE hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.1 https://www.latamise.com/wp-content/uploads/2017/09/cropped-Tamise-carte-ligne-dessin-32x32.png La Tamise https://www.latamise.com 32 32 Une sortie en kayak sur la Tamise https://www.latamise.com/une-sortie-en-kayak-sur-la-tamise/ https://www.latamise.com/une-sortie-en-kayak-sur-la-tamise/#respond Tue, 22 Sep 2020 10:44:44 +0000 http://www.latamise.com/?p=897 Le kayak est l’une des activités de loisir qui ont connu un essor majeur durant la pandémie de 2020, le public recherchant des sorties originales à faire entre amis ou en famille, dans le respect des règles de distanciation sociale. Les vendeurs de kayaks ont pour certains écoulé en quelques semaines le stock qu’ils vendaient […]

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Le kayak est l’une des activités de loisir qui ont connu un essor majeur durant la pandémie de 2020, le public recherchant des sorties originales à faire entre amis ou en famille, dans le respect des règles de distanciation sociale.

Les vendeurs de kayaks ont pour certains écoulé en quelques semaines le stock qu’ils vendaient auparavant en une saison entière ! Durant l’été 2020 il était pour ainsi dire impossible de trouver un kayak de stock sur les principaux sites d’e-commerce.

En ce qui me concerne, mon choix s’est porté sur un kayak gonflable Itiwit de Décathlon. Je l’ai commandé aux alentours du 20 août et il a fallu une dizaine de jours pour qu’il me soit livré, juste à temps pour encore profiter de l’été indien. Amazon propose également quelques kayaks gonflables, dont leur best seller absolu, l’Intex Challenger.

Le côté pratique de l’Itiwit de Décathlon est qu’il est livré avec un sac à dos permettant de transporter facilement le kayak. Comme je ne possède pas de voiture à Londres, je me déplace en train. Je peux aisément emporter le kayak jusqu’à son point de départ, le gonfler, descendre la Tamise, en sortir à destination, dégonfler le kayak et reprendre un train pour rentrer chez moi.

C’est ce que j’ai fait en cette magnifique journée de septembre pour une sortie en kayak avec un ami. Une descente très agréable qui nous a emmenés d’Hampton Court à Richmond. Un peu moins de 8 miles (12,8 km) avec un passage d’écluse à Teddington.

Une sortie en kayak entre amis sur la Tamise

Nous avons pris le train de Clapham Junction à Hampton Court (30′). De la gare, nous sommes descendus vers le fleuve juste à la gauche du pont. Il y a là un départ pour la location de barques et de bateaux à moteur. On a donc pu profiter d’un accès facile à la Tamise après avoir gonflé le kayak (cela prend 5 minutes) juste à côté de la zone de départ des bateaux, pour ne pas troubler les activités du loueur.

Important à noter: vu que le kayak est équipé sous le dessous de trois ailerons pour équilibrer sa progression, il faut le placer à un bon mètre de la berge avant d’y entrer (sinon vous risquez de briser les ailerons). Ce qui signifie qu’il faut soit prévoir des chaussures que vous pourrez mouiller soit emporter deux paires, l’une pour votre expédition l’autre pour vous changer au terme de la descente. Il est toujours bon de glisser dans le kayak un sac étanche pour y ranger un kit de vêtements secs.

Depuis Hampton Court la descente nous emmène jusqu’à Kingston. Le fleuve est très calme à cet endroit, il nous faut donc pagayer assez activement pour progresser, à moins de se laisser porter par le faible courant en mode farniente.

ecluse teddington tamise smaller
Arrivée à l’écluse de Teddington

Peu après Kingston on arrive à l’écluse de Teddington, qu’il faut emprunter par la gauche pour un portage facile: il faut sortir de votre embarcation et la porter jusqu’à la section maritime de la Tamise (soumise aux marées).

écluse teddington
Le passage de l’écluse à Teddington

Sachez que pour la section en amont de Teddington (“non tidal Thames“, Tamise non maritime) vous devez disposer d’une licence octroyée par la British Canoeing Association (£45 par an par embarcation). Cette licence vous permet également d’avoir accès à toute une série d’autre cours d’eau, dont les canaux qui traversent le centre de Londres. Le site de la British Canoeing Association vous propose en outre une sélection de descriptifs détaillés de parcours à effectuer, au format PDF, dont celui-ci.

La section entre Hampton Court et Teddington vous prendra environ deux heures. A priori, si vous passez l’écluse à marée basse (descendante), vous n’éprouverez pas trop de difficultés à couvrir la distance entre Teddington et Richmond, qui ne devrait vous prendre que 45′ à 1 heure.

En ce qui nous concerne, nous sommes arrivés à cet endroit au moment où l’écluse de Richmond avait été ouverte, ce qui a accéléré la montée de la marée, ralentissant considérablement notre progression. Il nous aura fallu près d’1h30 pour parcourir cette ultime section de la descente.

richmond inondation marée
Richmond inondée par la marée montante

Nous sommes arrivés dans la ville de Richmond littéralement inondée par la marée. En règle générale il est facile de repérer l’accès en pente à la rivière juste en amont d’un pub après le pont de Richmond. Mais en raison de l’inondation, nous avons du accoster tout en haut de cette pente rendue invisible, dans la rue.

Ici encore, pour protéger les ailerons, nous sommes sortis du kayak alors qu’il était à un bon mètre de la berge, mouillant à nouveau nos baskets, pour la bonne cause.

kayak sur la tamise RIchmond inondation
Notre arrivée à Richmond

Nous avons ensuite dégonflé le kayak (cela ne prend pas plus de cinq minutes) et avons pris le chemin de la gare, à moins de 10′ de la Tamise. Quinze minutes plus tard nous étions de retour à Clapham Junction. Si vous avez un kayak gonflable, n’oubliez pas de bien le laisser sécher après chaque sortie pour éviter la moisissure. Si vous l’avez sali, c’est aussi l’occasion de le laver pour qu’il soit flambant neuf lors de votre prochaine descente.

La descente Hampton Court – Richmond nous aura pris en tout trois heures et demie, en raison de la marée montante.

J’espère que je vous aurai donné l’envie de tester vous aussi cette activité sur la Tamise, une sortie très agréable que vous pourrez faire en toutes saisons en solo, entre amis ou en famille.

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Hôtels au bord de la Tamise à Londres https://www.latamise.com/hotel-sur-la-tamise-londres/ https://www.latamise.com/hotel-sur-la-tamise-londres/#respond Fri, 21 Jun 2019 19:06:21 +0000 http://www.latamise.com/?p=869 De nombreux touristes se posent la question de savoir quels sont les hôtels avec vue sur la Tamise à Londres. J’ai donc décidé d’en recenser quelques uns dans cet article, illustrations à l’appui.  HÔTELS SUR LA TAMISE à RICHMOND Si l’on s’écarte un peu du centre de Londres, en amont, donc vers l’ouest de la […]

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De nombreux touristes se posent la question de savoir quels sont les hôtels avec vue sur la Tamise à Londres. J’ai donc décidé d’en recenser quelques uns dans cet article, illustrations à l’appui. 

HÔTELS SUR LA TAMISE à RICHMOND

Si l’on s’écarte un peu du centre de Londres, en amont, donc vers l’ouest de la capitale, on pourra découvrir deux magnifiques hôtels à Richmond.

Le Petersham Hôtel, qui a ouvert ses portes en 1865 sous le nom de Richmond Hill Hotel. C’est donc une magnifique bâtisse de l’époque victorienne comme vous pouvez le constater sur cette photo.

petersham hotel tamise richmond londres

Vous pourrez notamment y prendre l’afternoon dans un cadre somptueux, avec vue sur la Tamise, bien entendu.

afternoon tea petersham hotel richmond tamise

Vous trouverez aussi en bord de Tamise à Richmond un autre hôtel de premier choix, le Bingham Riverhouse, qui a la particularité de bénéficier d’un superbe espace extérieur entouré d’une enceinte privative, juste au bord de la Tamise, parfait pour une garden party.

Bingham Riverhouse Richmond Londres Tamise

L’hôtel dispose d’une série de jolies chambres avec vue sur le fleuve.

Bingham Riverhouse Richmond Londres Tamise

HÔTELS SUR LA TAMISE À LONDRES

Si l’on se rapproche du centre de Londres, on découvre juste à côté du London Eye le Marriott County Hall, sur la rive sud de la Tamise. Localisation parfaite et vue imprenable pour les chambres situées du côté du fleuve. Comptez ceci dit plus de £250 la chambre, un prix que justifient le standing de l’établissement et sa position sur la carte.

marriott county hall london eye london hotel sur la tamise

De l’autre côté de la Tamise on découvre le somptueux Corinthia Hôtel. Le rooftop de l’une de ses suites vous laissera rêveur… Comme les prix, qui démarrent ici aux alentours de £500 la chambre (et sans doute bien plus pour les mieux situées). Si vous n’avez pas le budget pour y passer une nuit, vous pourrez toujours y prendre l’afternoon tea ou dîner en amoureux au Northall, le restaurant de l’hôtel, qui vous propose (juin 2019) un menu 3 services avec une coupe de champagne pour £32.

corinthia hotel london tamise

Juste à côté du Corinthia, je vous invite à découvrir l’un des secrets les mieux gardés de la capitale, le Royal Horseguards Hotel, géré par Guoman.

À l’instar des autres établissements listés dans cet article, il vous propose un délicieux afternoon tea, l’un des meilleurs rapports qualité-prix selon mon expérience. La quintessence de la classe britannique !

royal horseguards hotel londres tamise

Non loin de là, sur le Strand, vous découvrirez le Savoy Hotel, qui a ouvert ses portes le 6 août 1889, en plein âge d’or victorien.

Un établissement qui resta en activité pendant la deuxième guerre mondiale, en plein Blitz, favori des troupes américaines et du premier ministre Winston Churchill.

Le Savoy dispose de son propre théâtre intégré à la programmation du West End. Vous pourrez également y assister à des concerts (tout comme au Corinthia).

Savoy hotel tamise londres

Une suite du Savoy Hotel à Londres

Retournons sur le South Bank, la rive sud de la Tamise, pour découvrir le Sea Containers Hotel, un établissement ultra moderne également doté d’un restaurant avec vue sur le fleuve, pour un dîner aux chandelles “Al Fresco”.  Les chambres semblent y être disponibles à partir de £185, un prix très correct pour une prime location et un très beau standing.

sea containers hotel sur la tamise

 

HÔTELS FLOTTANTS, À PROXIMITÉ DE LA TAMISE À LONDRES

Bien que pas localisé à proprement parler en bord de Tamise mais amarré – c’est une immense barge venue des Pays Bas – dans l’un des ancien Royal Docks de la capitale, le Good Hotel mérite le détour, surtout si vous assistez à un concert à l’O2 ou à un salon professionnel à l’Excel.

Au design épuré, le Good Hotel se distingue par son projet d’entreprise, soucieux de contribuer à l’insertion professionnelle des personnes sans emploi habitant à proximité de l’établissement.

Offrant un excellent niveau de prestations (que je qualifierai de 4 étoiles), le Good Hotel propose des prix très abordables, à partir de £36 la nuit (oui, vous avez bien lu, un hôtel de qualité à Londres au prix d’une auberge de jeunesse).

L’établissement flottant dispose aussi d’un restaurant avec vue imprenable sur l’O2!

good hotel londres tamise

good hotel londres tamise restaurant

Toujours dans le Victoria Dock, vous pourrez si vous le souhaitez vous offrir une nuit à bord d’un yacht, le Sunborn. Le prix des chambres démarre aux alentours de £95. Et le bateau dispose bien évidemment d’un restaurant avec vue sur les docks.

sunborn hotel yacht tamise

Quel que soit votre choix, vous passerez sans aucun doute un magnifique séjour dans un hôtel au bord de la Tamise !

 

 

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La majesté des cygnes sur la Tamise. Un plaisir royal ! https://www.latamise.com/la-majeste-des-cygnes-sur-la-tamise-un-plaisir-royal/ https://www.latamise.com/la-majeste-des-cygnes-sur-la-tamise-un-plaisir-royal/#respond Fri, 31 Aug 2018 17:20:19 +0000 http://www.latamise.com/?p=853 Comme l’évoque Peter Ackroyd dans son fabuleux ouvrage Thames: sacred river, le cygne est associé à la Tamise depuis des temps immémoriaux. En 1295 le monarque anglais nomma pour la première fois un Swan Master (Maître des Cygnes) chargé de veiller au bien-être de ces gracieux oiseaux tout le long du fleuve. La Reine d’Angleterre […]

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Comme l’évoque Peter Ackroyd dans son fabuleux ouvrage Thames: sacred river, le cygne est associé à la Tamise depuis des temps immémoriaux. En 1295 le monarque anglais nomma pour la première fois un Swan Master (Maître des Cygnes) chargé de veiller au bien-être de ces gracieux oiseaux tout le long du fleuve. La Reine d’Angleterre est également appelée le Seigneur des Cygnes. C’est dire si cet oiseau revêt une importance toute particulière pour la couronne britannique. 

cygne tamise

On affirmait à une certaine époque que les cygnes pouvaient vivre jusqu’à 300 ans mais en vérité ils ne dépassent guère la trentaine. On leur prêtait aussi des dons lyriques en relatant l’histoire de cygnes qui auraient accueilli par leur chant mélodieux les équipages des navires de retour de voyage. Mais hormis le son puissant du battement de leurs ailes, les cygnes ne font en général que peu de bruit, de nature relativement muette (l’espèce principale est d’ailleurs appelée Mute Swan) et particulièrement discrète, en toute élégance, sauf quand on menace leur territoire. Les cygnes peuvent alors se montrer fort agressifs. Légitime défense.

Swan Upping – La Levée des Cygnes

Le cygne est au centre d’une tradition perpétuée depuis 900 ans. On l’appelle la levée des cygnes (Swan Upping).

À une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Londres, deux confréries se réunissent chaque année, les Dyers et les Vintners. Leurs bateaux traditionnels garnis d’un étendard bleu ou rouge remontent patiemment le fleuve pour encercler les oiseaux et leurs progénitures afin de procéder minutieusement à leur comptage et à la vérification de leur bonne santé.

 

Ces deux confréries jouissent depuis le 12ème siècle d’un droit de propriété sur une partie des cygnes de la Tamise, à égalité avec la Couronne (1/3, 1/3, 1/3). Les deux confréries baguent les cygnes qui leur appartiennent. Un autre bateau les rejoint, arborant lui un étendard aux initiales du monarque (E II R, pour Elizabeth II). C’est l’embarcation du Gardien des Cygnes au service de la Reine (Queen’s Swan Warden), chargé lui de recenser les spécimens propriétés de la Couronne, soit le tiers de la population (estimée au total à environ 1000 cygnes adultes). Ceux-là ne seront pas marqués.

Ensemble les Dyers, les Vintners et le Gardien des Cygnes répètent depuis neuf siècles ce rituel, ponctué par des “All Up” à chaque fois qu’un cygne est sorti de l’eau pour être examiné. Ce recensement s’étale sur cinq jours, du point de départ jusqu’aux environs de la ville d’Oxford. Une expédition unique en son genre !

swan upping cygnes tamise

À l’abri des saules pleureurs…

Le cygne était jadis consommé comme une volaille de prestige mais la dinde a désormais remplacé ce majestueux volatile sur la table des Britanniques au moment des fêtes.

Les cygnes peuvent donc mener une vie paisible sous les saules pleureurs qui bordent la rivière (depuis leur introduction au début du 18ème siècle, sans doute en provenance de Chine). Le saule pleureur était l’arbre favori du poète Alexander Pope (1688-1744). On peut en découvrir sur cette illustration de sa villa de Twickenham, réalisée peu après sa mort.

villa Alexander Pope Twickenham saule

Villa d’Alexander Pope, peu après sa mort.

Le saule est également au coeur du best seller pour enfants de Kenneth Grahame, The Wind In the Willows (Le vent dans les saules), un grand classique de la littérature anglaise, dont l’action se déroule à Cookham dans le Berkshire, sur les bords de la Tamise.

Hormis les cygnes on aperçoit un peu partout sur la Tamise de nombreuses espèces de canards et un nombre croissant d’autres oiseaux venus repeupler le cours du fleuve depuis son assainissement, à la fin du 20ème siècle. Vous pourrez par exemple croiser de petits perroquets verts à hauteur de Kew et Teddington (on en voit aussi parfois dans le parc de Richmond), et bien entendu de très nombreuses mouettes (qui étaient les dernières à avoir résisté à la pollution, se nourrissant des déchets alors charriés par le fleuve).

Si vous souhaitez découvrir toutes les richesses de la biodiversité, le London Wetland Centre de Barnes vous permet d’observer la faune locale dans d’excellentes conditions tout au long de l’année.

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Nager dans la Tamise. Est-ce vraiment une bonne idée ? https://www.latamise.com/nager-dans-la-tamise/ https://www.latamise.com/nager-dans-la-tamise/#respond Thu, 30 Aug 2018 14:02:48 +0000 http://www.latamise.com/?p=831 À de nombreuses reprises j’ai eu l’occasion de lire des récits consacrés à la pratique de la natation dans la Tamise. Le sujet a même fait l’objet d’un ouvrage intitulé Downstream, publié en 2015 par Caitlin Davies. Est-ce vraiment une bonne idée de plonger tête première dans la Tamise ? A-t-on depuis toujours nagé dans […]

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À de nombreuses reprises j’ai eu l’occasion de lire des récits consacrés à la pratique de la natation dans la Tamise. Le sujet a même fait l’objet d’un ouvrage intitulé Downstream, publié en 2015 par Caitlin Davies. Est-ce vraiment une bonne idée de plonger tête première dans la Tamise ? A-t-on depuis toujours nagé dans la Tamise ? Quels sont les lieux privilégiés pour la pratique de la natation dans le fleuve ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article.

un saut dans la tamise nage

Plonger dans la Tamise, 1934.

Tout d’abord sachez qu’il faut aujourd’hui obtenir une autorisation en bonne et due forme pour s’adonner à la natation dans la Tamise entre Putney Bridge et CrossNess (juste après la Thames Barrier) en raison des dangers que présente cette activité dans une section fort fréquentée du fleuve. Vous pouvez trouver toutes les informations à ce sujet sur le site de l’autorité gestionnaire du Port de Londres (PLA).

Piquer une tête au London Eye peut être tentant pour décrocher des réactions sur Instagram mais le passage incessant des bateaux ainsi que la piètre qualité de l’eau au centre de Londres n’invitent pas vraiment à la baignade. Il fut ceci dit un temps où l’eau était encore moins ragoûtante, quand le fleuve était tout bonnement un égout à ciel ouvert, qui collectait toutes les ordures de la ville. Depuis la fin du 20ème siècle, les choses se sont fortement améliorées et la biodiversité a peu à peu repeuplé la Tamise. Mais les risques de gastro n’ont pas disparu.

Hormis la sensation désagréable de prendre la tasse dans une eau peu cristalline, le principal danger reste l’hydrocution (risque accentué lors de fortes chaleurs et/ou en état d’ébriété) ainsi que le fait d’être pris au piège des courants qui s’agitent sous la surface, la Tamise étant un fleuve maritime, soumis au rythme incessant des marées.

LIDOS SUR LA TAMISE

Il existait jadis des bains flottants (parfois à ciel ouvert) en divers endroits de la Tamise. Cette activité était très populaire à l’époque victorienne.

Bains flottants sur la Tamise à Charing Cross

Bains flottants sur la Tamise à Charing Cross – juillet 1875, Illustrated London News.

Un superbe exemple d’architecture édouardienne, le Thames Lido de Reading (inauguré en 1902), perpétue cette tradition à quelques mètres du fleuve (il ne s’agit pas à proprement parler d’un lido aménagé sur la Tamise).

thames lido reading nager dans la tamise

Le Thames Lido à Reading.

Un projet intitulé Thames Baths est actuellement à l’étude pour relancer un lido en plein coeur de Londres, à hauteur de Blackfriars.

projet de lido sur la tamise

Projet de Lido sur la Tamise (2015).

THÉÂTRE D’EXPLOITS SPORTIFS

La Tamise fut le théâtre d’un formidable exploit sportif en 1927. Mercedes Gleitze, la première femme anglaise qui traversera la Manche à la nage, s’entraîna dans le fleuve en parcourant pas moins de 193 km (120 miles) en l’espace de 12 jours du pont de Westminster jusqu’à l’embouchure, prolongeant son effort jusqu’à Folkestone ! Pour la petite histoire, elle portait à son poignet une Rolex Oyster lors de sa traversée de la Manche. Un beau coup de pub pour l’horloger suisse.

rolex Mercedes Gleitze manche exploit

En 1726, c’est Benjamin Franklin, futur père fondateur des Etats Unis, qui, à la faveur d’un séjour londonien, poussa une pointe de Chelsea à Blackfriars, soit pas moins de 5,6km… et retour ! Peu de gens savaient nager à l’époque et sa prestation athlétique, alternant crawl, brasse et dos crawlé, fit forte impression.

Benjamin Franklin nageur tamise londres

Benjamin Franklin, adepte de la natation.

Il faut remonter à l’époque Tudor, en 1587, pour découvrir le premier traité anglais sur la pratique de la natation, The Art of Swimming, par Everard Digby.  On imagine les lecteurs de cet ouvrage s’exercer aux abords de l’abbaye de Westminster ou dans les méandres de Richmond. Notons à cet égard que la mort par noyade représentait au 16ème siècle près de 50% des cas de mort violente, une statistique que l’on peut attribuer à l’activité frénétique qui animait les bords du fleuve (bateaux taxis, transport, moulins à eau, abreuvement des bêtes,…) à une époque où très peu de gens maîtrisaient l’art de nager.

the art of swimming 1587 l art de nager

The Art of Swimming, 1587.

Plus proche de nous, c’est en 1892 que fut lancée la Henley Classic qui réunit chaque été plusieurs centaines de nageurs sur une distance de 2,1km, en préambule à la fameuse Henley Royal Regatta.

Henley Classic Swim 1892

Moins sportifs mais apparemment fort populaires, les Hot Tugs, une sorte de jacuzzi mobile, furent récemment lancés non pas sur la Tamise mais sur le Regent’s Canal, un autre cours d’eau de la capitale. Il ne s’agit pas ici de nager mais juste de se laisser dériver, une coupe de bulles à la main en saluant les riverains. So British.

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Hammerton’s Ferry https://www.latamise.com/hammertons-ferry/ https://www.latamise.com/hammertons-ferry/#respond Sun, 22 Oct 2017 19:43:31 +0000 http://www.latamise.com/?p=819 Il y a plusieurs façons de traverser la Tamise : en bus, en métro, en train, à vélo, à pied, … Mais avez-vous déjà essayé le ferry ? Le Hammerton’s Ferry dans l’arrondissement de Richmond est l’un des 4 derniers services de ce genre à Londres. Il relie Twickenham sur la rive nord de la […]

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Il y a plusieurs façons de traverser la Tamise : en bus, en métro, en train, à vélo, à pied, … Mais avez-vous déjà essayé le ferry ?

Le Hammerton’s Ferry dans l’arrondissement de Richmond est l’un des 4 derniers services de ce genre à Londres. Il relie Twickenham sur la rive nord de la Tamise à Ham sur la rive sud. À l’exception du pont piétonnier de l’écluse de Teddington, c’est le seul endroit de traversée possible sur les 6 kilomètres de rivière qui séparent les ponts routiers de Kingston et de Richmond.

twickenham ferry hammerton

Twickenham Ferry.

 

Richmond bénéficia d’un service de ferry à partir de 1459 (et d’un pont à partir de 1777) mais la zone que nous évoquons était alors propriété de la famille Tollemache (Ham House) et était donc inaccessible au public. Il n’y avait donc alors pas vraiment de demande pour une traversé à cet endroit. En outre, les Tollemache avaient accordé depuis la moitié du 17e siècle une licence à un autre ferry qui opérait un peu plus haut, à hauteur de Eel Pie Island, le Twickenham Ferry, et elle n’avait nulle envie de promouvoir le lancement d’un concurrent en face de sa propriété.

twickenham ferry image vintage

Twickenham ferry

La situation évolua au début du 20ème siècle. En 1901, les autorités municipales rachetèrent Marble Hill House sur la rive nord de la Tamise, ainsi que le parc avoisinant et l’ouvrit au public. Sur l’autre rive, le sentier bordant Ham House devint également propriété de la ville, avec pour conséquence l’augmentation du passage à cet endroit. Dès 1908 le résident local Walter Hammerton commença à louer des bateaux de plaisance et il lança son service de ferry en 1909.

Walter Hammerton dans son ferry

Walter Hammerton dans son ferry

En 1913 les opérateurs du Twickenham Ferry intentèrent un procès contre Hammerton pour lui enlever le droit d’opérer son service. Mais en 1915 c’est Hammerton qui eut gain de cause, après avoir pu rassembler suffisamment de fonds pour se défendre devant la Chambre des Lords.

En 1947, il prit sa retraite après 38 ans de bons et loyaux services, cédant le bac et le hangar à bateaux à Sandy Scott.

La famille Spencer exploite le bac depuis 2003, année où la famille Scott leur demanda de reprendre le service. Ce qui fait des Spencer la quatrième famille à exploiter la ligne de ferry depuis son lancement, il y a plus de 100 ans.

Au début du 20e siècle, le roi Edouard VII avait l’habitude de prendre ce bac pour passer d’une rive à l’autre. Le roi aimait tellement le service qu’il lui accorda le brevet de fournisseur de la cour. Le brevet est resté aux mains de la famille Hammerton. L’héritier des Hammerton n’est autre que le musicien Phil Collins, qui refuse de transmettre le brevet aux opérateurs actuels, les Spencer.

Hammerton Boat House

Hammerton Boat House

Francis et Andrew Spencer, père et fils, opèrent le bac à la demande pour 1 livre sterling la traversée, tous les jours de la semaine entre 10h du matin et 6h du soir, de mars à octobre, et tous les weekends de l’année. Les Spencer louent également des barques de plaisance, des canoës et des bateaux à moteur à partir de leur hangar.

Andrew and Francis Spencer ferry

Andrew and Francis Spencer

Même si cette partie de Londres n’est pas forcément la plus connue, le service des Spencer semble être une bonne affaire. La grande majorité des utilisateurs sont en effet des gens du coin qui n’ont d’autre choix que d’utiliser le bac pour leurs déplacements : les écoliers, les navetteurs,… mais il y a aussi les retraités en sortie ou en promenade avec leur chien.

Les touristes commencent aussi à découvrir cette partie de Londres. Si vous êtes à la recherche d’un peu de quiétude et de vues idylliques non loin du centre, Richmond vous enchantera à coup sûr !

Spencer Ferry Ham House

Le ferry de nos jours

Le bac actuel, baptisé le Peace of Mind, peut transporter 12 personnes. La famille Spencer pourrait cependant bientôt se procurer un ferry d’une plus grande capacité, maintenant que les touristes semblent avoir adopté ce moyen de traverser le fleuve. Depuis peu, les sites touristiques répertorient leur service, apportant de nouveaux clients. Si vous souhaitez admirer le skiff original de Walter Hammerton, sachez qu’il se trouve désormais au Musée des Docklands.

Les alentours de Richmond ne manquent pas de lieux à visiter, dont l’ancienne demeure du peintre Turner, Sandycombe Lodge, ainsi qu’Orleans Gallery, York House ou encore Strawberry Hill House.

Mais les attractions les plus importantes sont sans nul doute Ham House et Marble Hill House.

ham house

Façade arrière de Ham House

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Les bateaux à vapeur sur la Tamise https://www.latamise.com/les-bateaux-vapeur-sur-la-tamise/ https://www.latamise.com/les-bateaux-vapeur-sur-la-tamise/#respond Sun, 22 Oct 2017 18:20:10 +0000 http://www.latamise.com/?p=810 C’est un inventeur anglais, Thomas Newcomen, qui développa la première machine à vapeur à vocation commerciale, dès 1712. Le premier bateau à vapeur, le PS Comet, fut quant à lui construit un siècle plus tard, en 1812, par Henry Bell. Les habitants de Londres purent très rapidement profiter de cette nouvelle invention. Les premiers bateaux […]

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C’est un inventeur anglais, Thomas Newcomen, qui développa la première machine à vapeur à vocation commerciale, dès 1712. Le premier bateau à vapeur, le PS Comet, fut quant à lui construit un siècle plus tard, en 1812, par Henry Bell. Les habitants de Londres purent très rapidement profiter de cette nouvelle invention.

Les premiers bateaux à vapeur furent lancés sur la Tamise aux alentours de 1815 et furent pendant plus de 25 ans le plus important moyen de transport de passagers. Pas moins de 80 bateaux à vapeur étaient répertoriés sur le fleuve durant cette période. Le Steamboat Act de 1819 fut le premier texte établissant les règles de sécurité pour l’usage de cette nouvelle technologie. Les vapeurs en bois de l’époque, mus par des roues à aubes, s’avéraient bien plus rapides et fiables que les bateaux à voiles ou les canots à rames pour le transport de passagers dans l’estuaire de la Tamise. À Londres, le premier service passager fut assuré par le SS Margery, un vapeur naviguant sur la Long Ferry route, entre Gravesend et Londres.

bateaux a vapeur Lambeth Palace

Bateau à vapeur près de Lambeth Palace.

Il existait trois routes principales de transport de passagers. La première était donc la Long Ferry route, la deuxième reliait Londres et Richmond et la troisième Londres et Margate, à la pointe de l’estuaire de la Tamise. Cette route était alors fort en vogue auprès des voyageurs venus du continent et des riches Londoniens allant se divertir sur les côtes du littoral.

Ces trois routes fluviales remontent en fait au 17e siècle. Avant les navires à vapeur, les passagers étaient transportés par bateau à voile (des hoys) ou par canot à rames (des tilt-boats), pouvant embarquer jusqu’à 40 passagers. Le voyage à bord de ces navires était malheureusement peu confortable tant ils roulaient dès que les vagues prenaient un peu d’amplitude.

caricature de voyage sur un hoy

Caricature d’un voyage entre Margate et Londres, 1804.

Au début du 19e siècle, jusqu’à 20.000 personnes faisaient le trajet Londres – Margate durant la belle saison. L’arrivée des bateaux à vapeur constitua pour les opérateurs en place un véritable danger commercial. Les exploitants des bateaux à voile et des canots à rame réagirent férocement à ce nouveau concurrent: les navires furent nettement améliorés et on renforça les équipages pour améliorer la qualité du service à bord sur les différentes routes.

Hélas, on ne put arrêter le progrès, et en 1826 il était clair que les vapeurs prendraient le dessus. De nouveaux embarcadères furent construits tout au long de la Tamise pour les accueillir. Bien que de multiples accidents ponctuèrent le développement du transport passager, les nouveaux services connurent un succès retentissant.

 

accident bateaux a vapeur tamise

À la recherche des corps suite à l’accident d’un bateau à vapeur.

La Margate Steam Packet Company fut la première compagnie de bateaux à vapeur, fondée en 1815, suivie de la Gravesend Steam Packet Company et de la General Steam Navigation Company. La Compagnie des Bateliers et Allégeurs ne créa sa propre compagnie qu’en 1841.

Le trafic s’intensifia dans les années 1830 avec la création de trois nouvelles compagnies et le lancement de dizaines de nouveaux vapeurs. Le secteur se vantait d’avoir fortement amélioré la navigation sur la Tamise en déployant le meilleur service du Royaume Uni. Dans les années ‘30 du 19e siècle, chaque compagnie transportait chaque année plusieurs centaines de milliers de passagers.

bateaux a vapeur prison de Millbank

Arrivée d’un bateau à vapeur à l’embarcadère de la prison de Millbank.

 

L’arrivée du chemin de fer en 1838 et l’ouverture du South Eastern Railway jusqu’à Douvres en 1844 constituèrent à leur tour une menace commerciale pour les bateaux à vapeur de la Tamise. Mais le réel coup de grâce fut l’ouverture de la ligne ferroviaire Londres – Gravesend en 1849. À partir de 1851, le transport fluvial n’était plus ni l’option la plus rapide ni la moins chère.

Bien que les vapeurs continuèrent à faire le plein pendant les vacances d’été et pendant les week ends, les rentrées financières ne suffirent plus à maintenir à flot un grand nombre de navires. Petit à petit les bateaux à vapeur ne furent plus utilisés qu’à des fins touristiques.

bateau a vapeur tower bridge

Bateau a vapeur, Tower Bridge – 1900.

 

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Les Royal Docks https://www.latamise.com/les-royal-docks/ https://www.latamise.com/les-royal-docks/#respond Sun, 22 Oct 2017 16:11:22 +0000 http://www.latamise.com/?p=793 Au tournant du 19e siècle, l’Empire Britannique était en pleine expansion. De grandes inventions voyaient alors le jour. L’arrivée de la machine à vapeur accéléra le développement industriel et le commerce s’intensifia. Les conséquences pour le trafic sur la Tamise furent pour le moins catastrophiques, puisqu’aucune véritable réglementation n’avait été mise en place jusque là. […]

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Au tournant du 19e siècle, l’Empire Britannique était en pleine expansion. De grandes inventions voyaient alors le jour. L’arrivée de la machine à vapeur accéléra le développement industriel et le commerce s’intensifia. Les conséquences pour le trafic sur la Tamise furent pour le moins catastrophiques, puisqu’aucune véritable réglementation n’avait été mise en place jusque là. Les accidents et les pillages se multiplièrent. Le chaos s’empara du Port de Londres, qui se lança à la recherche de sites susceptibles d’accueillir de nouveaux docks, plus larges et plus profonds. La construction de l’East et West India Docks en 1802 et 1803 ne suffit pas à réduire la pression. La situation nécessitait une solution plus radicale.

C’est alors qu’un groupe d’entrepreneurs, sous l’impulsion de l’ingénieur George Parker Bidder, lança l’ambitieux projet de construction des plus grands et plus profonds docks du monde. Londres pourrait ainsi répondre à l’expansion du trafic de marchandises pour au moins 100 ans.

Georges Parker Bidder Royal Docks

Georges Parker Bidder

En 1847, Bidder avait été l’instigateur d’une ligne de chemin de fer entre Stratford et North Woolwich, surnommée par les critiques Bidder’s Folly, la folie de Bidder. Il fut à nouveau pris pour un illuminé en annonçant l’emplacement choisi pour son projet de docks: les marécages à l’est de la ville, mieux connus sous le nom de Land’s End. 

Newham, 1786 - marais a l est de Londres

Newham, 1786 – marais à l’est de Londres.

Ce projet pharaonique fut une réelle prouesse d’ingénierie. Des centaines d’hommes et de machines travaillèrent sans relâche pour délivrer le projet dans le délai imparti. Le Victoria Dock fut inauguré en 1855. Il affichait une profondeur de 13 mètres. On y accédait par une une écluse monumentale. Il fut équipé le long des quais de grues dernier cri et put accueillir les nouveaux bateaux à vapeur cuirassés.

Construction de Victoria Dock

Construction du Victoria Dock

Le Victoria Dock profita de l’interdiction des activités nuisibles au centre de Londres, qui poussa de nombreuses entreprises aux confins de la ville. La première à s’installer sur le site, avant même son inauguration, fut la manufacture de vêtements imperméables de Samuel Silver, en 1852. Le succès de cette manufacture donna plus tard le nom de Silvertown à la zone qui l’entourait. L’ingénieur Bidder, croyant dur comme fer à son projet, s’était par ailleurs empressé d’acheter les terrains le long de son chemin de fer, ce qui s’avéra une très belle opération commerciale. 

L’expansion de la zone fut telle que la construction d’un deuxième dock s’avéra nécessaire. Ouvert en 1880, l’Albert Dock impressionna par ses nouveautés technologiques : une ligne ferroviaire jusqu’au bout des quais, des entrepôts réfrigérés pour le stockage de denrées périssables et même l’éclairage électrique !

inauguration Albert Dock 1880

Inauguration d’Albert Dock, 1880

 

Désormais reliés au réseau ferroviaire et capables d’accueillir les plus gros navires du monde, les Victoria et Albert Docks devinrent rapidement les docks les plus importants de la ville. Des centaines de milliers de cargaisons de céréales, de tabac, de viande, fruits et légumes furent déchargées sur les quais et entreposées dans de gigantesques silos et entrepôts frigorifiques.

Des centaines de navires débarquaient chaque mois des dizaines de milliers de passagers venus des quatre coins du monde. Les opportunités de travail étaient illimitées, ce qui entraîna un boom dans la construction de logements. De nombreux villages virent ainsi le jour, comme Hallsville, Canning Town et North Woolwich.

eclairage electrique Albert Dock

Éclairage électrique, Albert Dock.

L’année 1917 marqua cependant un tournant dans la folle expansion des docks. Le 19 janvier, 50 tonnes de TNT explosèrent dans l’usine à munitions de Brunner Mond & Co. à Silvertown, faisant 73 morts et détruisant 70.000 bâtiments. Ce fut la plus grande explosion accidentelle de l’histoire de Londres.

ravages causes par l explosion Brunner Mond and Co Silvertown

Les ravages causés par l’explosion.

 

Un dernier dock fut malgré tout encore construit en 1921, le King George V Dock. À cette occasion, le groupe de 3 docks reçut le titre “Royal”. À eux trois, les Royal Docks couvraient un espace fluvial d’un kilomètre carré et une superficie commerciale de 4,5 km2.

Bien que fortement endommagés par les bombardements allemands pendant la Deuxième Guerre, les Royal Docks purent poursuivre leurs activités commerciales. Les docks avaient à l’origine été construits pour servir les intérêts de la ville de Londres pendant plus de cent ans. Il en fut ainsi, mais guère davantage. La deuxième moitié du 20ème siècle allait marquer leur inexorable déclin, causé par l’arrivée du fret conteneurisé.

Cette nouvelle méthode de transport nécessita des navires encore plus grands qui n’arrivaient hélas pas à naviguer jusqu’aux Royal Docks. Des grands ports à conteneurs furent développés plus près de l’embouchure de la Tamise et progressivement les Royal Docks virent leur trafic se réduire. Le dernier navire marchand fut chargé le 7 décembre 1981. Des milliers de travailleurs perdirent leur emploi, ce qui plongea toute une communauté dans la pauvreté.

manifestation contre la fermeture des Royal Docks

Manifestation contre la fermeture des Royal Docks

 

Très rapidement, la London Docklands Development Corporation fut constituée avec pour unique objectif la régénération des anciens Royal Docks. En 1987 fut lancé le Docklands Light Railway (le DLR), un réseau de métro léger, desservant le quartier des docks et l’est de la ville. Canary Wharf sortit de terre et l’aéroport London City Airport fut inauguré, utilisant le quai central comme piste. Le centre d’exposition ExCel ouvrit ses portes et l’Université de East London accueillit ses premiers étudiants au début des années 2000. L’Emirates Air Line, un téléphérique au-dessus de la Tamise, vous offre depuis 2012 un magnifique panorama des Docklands.

London City Airport

London City Airport

 

D’ici 2020, tous les terrains et bâtiments des anciens Royal Docks auront trouvé une nouvelle destination. Un nombre impressionnant de bars, restaurants et commerces accueillent aujourd’hui le grand public là où se pressaient jadis navires, dockers et marins. 

 

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Le premier tunnel sous la Tamise: The Thames Tunnel https://www.latamise.com/le-tunnel-sous-la-tamise-thames-tunnel/ https://www.latamise.com/le-tunnel-sous-la-tamise-thames-tunnel/#respond Sat, 14 Oct 2017 17:49:33 +0000 http://www.latamise.com/?p=780 Au début du 19e siècle, la ville de Londres connut le besoin pressant d’une nouvelle connexion entre les rives nord et sud de la Tamise, afin de relier les docks en pleine expansion de part et d’autre de la rivière. Quelques tentatives de tunnels sous la Tamise furent amorcées, notamment en 1799 par l’ingénieur Ralph […]

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Au début du 19e siècle, la ville de Londres connut le besoin pressant d’une nouvelle connexion entre les rives nord et sud de la Tamise, afin de relier les docks en pleine expansion de part et d’autre de la rivière. Quelques tentatives de tunnels sous la Tamise furent amorcées, notamment en 1799 par l’ingénieur Ralph Dodd et en 1805 par un groupe de mineurs venus des Cornouailles. Mais au terme de nombreuses inondations, les ingénieurs de l’époque conclurent qu’un tel tunnel était impossible à réaliser.

Ne pouvant se résoudre à cette conclusion, l’ingénieur anglo-français Marc Isambard Brunel continua à développer des nouvelles méthodes de forage. En janvier 1818, il déposa un brevet pour un système de tunnelier. C’était un bouclier renforcé de fonte derrière lequel les mineurs travaillaient dans des compartiments individuels (voir ci-dessous), creusant le tunnel de face. Au fur et à mesure du travail de forage, le bouclier était avancé tandis que les parois du tunnel étaient cerclées d’anneaux de fonte et tapissées de briques.

Marc Isambard Brunel

Marc Isambard Brunel

L’invention de Brunel fut à la base des boucliers utilisés plus tard pour le creusement du métro de Londres et de nombreux autres tunnels. Brunel était tellement convaincu qu’il parviendrait à percer le premier tunnel sous la Tamise qu’il écrivit à tous les notables susceptibles de pouvoir financer son initiative. En février 1824, il ouvrit une souscription de 2128 actions de 50 livres sterling chacune, qui trouvèrent toutes preneurs. Et en juin de la même année la Thames Tunnel Company était constituée. Le chantier allait pouvoir débuter.

Tunnelier de Marc Isambard Brunel

Tunnelier de Marc Isambard Brunel

Les travaux de forage du tunnel, destiné initialement au trafic hippomobile, commencèrent en février 1825, et consistèrent d’abord à creuser un puits vertical de 15 mètres de diamètre sur la rive de Rotherhithe. Ce puits fut achevé en novembre 1825, et le tunnelier fut ensuite assemblé au fond de la cavité.

Le bouclier, de section rectangulaire, se composait de douze cadres assemblés côte à côte, chacun d’eux pouvant être avancé indépendamment des autres. Chaque cadre contenait trois compartiments, l’un au-dessus de l’autre, chacun assez grand pour qu’un homme puisse y creuser le tunnel de face. Tout le dispositif pouvait accueillir 36 mineurs.

Lorsque suffisamment de matière avait été extraite par les ouvriers, le cadre pouvait être déplacé vers l’avant pour permettre la poursuite du forage. Des maçons suivaient la progression du bouclier. Sept millions et demi de briques furent nécessaires pour tapisser les parois de l’ouvrage.

Dès le début, le tunnel fut la proie de constantes inondations en raison de sa proximité avec le lit du fleuve. C’était la première fois qu’un tunnel était creusé en-dessous d’une voie navigable et les ingénieurs durent affiner leurs techniques tout au long des travaux.

Victime de multiples incidents qui causèrent d’innombrables retards, la Thames Tunnel Company vint à manquer de fonds et, malgré les efforts déployés pour réunir de nouveaux investissements, le tunnel dut être fermé en août 1828. Brunel démissionna alors de son poste.

illustration satirique Thames Tunnel, 1827

Illustration satirique, 1827.

 

Un prêt du gouvernement anglais permit cependant aux travaux de reprendre en 1840. L’ancien bouclier de 80 tonnes fut remplacé par un modèle encore plus imposant, de 140 tonnes. Mais les conditions de travail furent tout aussi pénibles. De nombreux mineurs furent victimes d’infections causées par les eaux usées des égouts qui trouvaient dans ce tunnel une nouvelle voie d’écoulement.

Le 24 mars 1841, à la suggestion du prince Albert, Marc Isambard Brunel fut anobli par la jeune reine Victoria. Le prince, féru de technologie, manifestait un vif intérêt pour les progrès de l’ouvrage.

Le tunnel atteignit enfin la rive de Wapping le 1er août 1842. Il aura fallu 17 longues années pour venir à bout de ce projet titanesque. Le Thames Tunnel était long de 396 mètres, pour 11 mètres de largeur et 6 mètres de hauteur, creusé à une profondeur de 23 mètres en-dessous de la surface du fleuve (telle que mesurée à marée haute).

Le Thames Tunnel fut inauguré officiellement le 25 mars 1843. Dans les quinze semaines qui suivirent l’ouverture, un million de personnes vinrent visiter l’ouvrage. Le 26 juillet 1843, la reine Victoria et le prince Albert s’aventurèrent eux aussi dans l’obscurité des profondeurs. Bien que destiné à accueillir le trafic hippomobile, le tunnel fut au final exclusivement réservé aux piétons.

Visiteurs ébahis dans le Thames Tunnel.

Visiteurs ébahis dans le Thames Tunnel.

Après l’achèvement du Thames Tunnel, Marc Brunel fut victime d’un accident vasculaire cérébral. Il n’accepta plus aucune mission mais aida son fils Isambard Kingdom Brunel (concepteur du paquebot Great Eastern) dans ses différents projets.

En 1865, l’East London Railway Company racheta le Thames Tunnel pour la somme de 200.000 livres sterling et, quatre ans plus tard, les premiers trains purent l’emprunter. Par la suite, le tunnel fut incorporé au métro de Londres et il est encore en usage sur la ligne London Overground.

L’importance historique du Thames Tunnel fut reconnue en 1995, lorsque la structure fut déclarée monument protégé. La construction du Thames Tunnel avait démontré qu’il était bel et bien possible de creuser un tunnel sous une rivière, malgré le scepticisme des ingénieurs de l’époque.

plaque commemorative thames tunnel 1843

Plaque commémorative

Pour en savoir plus sur le Thames Tunnel, vous pouvez visiter le Brunel Museum à Rotherhithe. Le premier puits vertical a été transformé en espace de performance artistique en 2016. Je vous invite à lire un article du Huffington Post, qui retrace les travaux effectués.

Puits vertical d'accès au Thames Tunnel

Puits vertical d’accès au Thames Tunnel.

 

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The Great Eastern, le plus gros paquebot du 19e siècle https://www.latamise.com/great-eastern-le-plus-gros-paquebot-du-19e-siecle/ https://www.latamise.com/great-eastern-le-plus-gros-paquebot-du-19e-siecle/#respond Thu, 12 Oct 2017 08:43:11 +0000 http://www.latamise.com/?p=767 On a toujours construit des navires au bord de la Tamise, la construction navale étant l’une des industries les plus précoces de l’humanité. Les premiers chantiers furent sans doute développés à proximité de l’actuelle City de Londres. Il semblerait cependant qu’ils aient quitté la ville aux 11e et 12e siècle pour s’installer plus en aval. […]

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On a toujours construit des navires au bord de la Tamise, la construction navale étant l’une des industries les plus précoces de l’humanité. Les premiers chantiers furent sans doute développés à proximité de l’actuelle City de Londres. Il semblerait cependant qu’ils aient quitté la ville aux 11e et 12e siècle pour s’installer plus en aval. L’une des raisons majeures de cette re-localisation serait l’important risque d’incendie dans une ville alors faite de bois et de chaume.

Les premières mentions écrites d’une activité de construction navale sur la Tamise remontent à 1297. Mais c’est entre 1512 et 1915 que l’industrie connut son âge d’or, transformant Londres en centre mondial de construction navale. En l’espace de quatre siècles, plus de 5000 navires furent lancés dans la Tamise depuis les Royal Dockyards à Deptford et Woolwich et depuis de nombreux autres chantiers privés le long des rives.

Le plus grand navire jamais construit à Londres fut le Great Eastern, conçu par Isambard Kingdom Brunel en 1858, ingénieur révolutionnaire et pionnier de la Révolution industrielle en Angleterre, notamment dans le domaine des transports. Après avoir conçu et réalisé de nombreux ouvrages industriels pour les chemins de fer (ponts, tunnels,..), il se lança dans l’ingénierie des bateaux à vapeur, une invention du début du 19e siècle.

the great eastern plaque commemorative

Plaque commémorative à Burrells Wharf, dans l’arrondissement londonien de Tower Hamlets.

Initialement baptisé Leviathan, le Great Eastern était un paquebot transatlantique gigantesque, le plus grand navire jamais construit jusqu’alors, avec une capacité de 4000 passagers.

construction du great eastern

Construction du Great Eastern

Le navire fut conçu en partenariat avec le principal architecte naval de l’époque: John Scott Russell, avec qui Brunel avait déjà collaboré sur deux autres navires. Il fut construit sur les bords de la Tamise, dans les chantiers navals de Millwall, situés en aval du Pont de Londres tandis que les machines furent développées par James Whatt & Co. Ltd à Birmingham.

salle a manger Great Eastern

L’une des salles à manger du Great Eastern.

 

Le Great Eastern a longtemps détenu le record de plus grand navire au monde. Le paquebot mesurait 211 mètres de long, 25 mètres de large et 18 mètres de haut. Il pouvait effectuer un voyage entre la Grande-Bretagne et la côte est des Etats-Unis sans réapprovisionnement en charbon. Innovation majeure pour l’époque, le navire fut entièrement construit en acier, avec une double-coque dont les plaques furent réalisées en atelier puis assemblées et rivetées à la main.

great eastern lancement

The Great Eastern, juste avant son lancement.

 

La construction nécessita: 400 marteaux, 10 000 tonnes de fer, 30 000 plaques de tôle d’acier de 2,20 cm d’épaisseur, 3 millions de rivets de 2,5 cm d’épaisseur ajustés à la main par 200 riveteurs. Au total, 2 000 ouvriers furent mis à contribution pendant près de 3 ans à raison de 6 jours par semaine et 12 h par jour.

Le Great Eastern était tellement long qu’il dut être lancé sur le côté, la Tamise n’était tout simplement pas assez large !

Site de lancement du Great Eastern vu du ciel, à Burrells Wharf, Isle of Dogs.

Site de lancement du Great Eastern vu du ciel, à Burrells Wharf, Isle of Dogs.

 

Bien que le navire fût impressionnant sous d’innombrables aspects, la carrière du paquebot ne connut jamais de réel succès. Le navire roulait trop et supportait mal le gros temps sur l’Atlantique, ce qui rendait la traversée très inconfortable. Ce fut aussi un échec commercial, car le Great Eastern était moins rapide que des navires plus petits et plus maniables. En 4 ans, sans jamais faire le plein de passagers, le paquebot n’effectua que 12 voyages, ponctués de nombreux accidents et incidents, ce qui coûta une fortune à la compagnie.

La Great Ship Company se débarrassa donc du navire en 1865. Le Great Eastern fut alors reconverti pour poser le premier câble transatlantique sous-marin. En fin de vie, l’ancien paquebot servit d’attraction publicitaire et touristique, jusqu’à sa démolition en 1889.

Jules Verne, qui effectua à son bord une traversée en avril 1867, lui dédia son roman Une ville flottante, paru en 1871.

Une ville flottante jules vernes

Victor Hugo lui rendit également hommage dans deux très longs poèmes, Pleine Mer et Plein Ciel, dans La Légende des siècles.

 

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Le pont fantôme de Blackfriars https://www.latamise.com/le-pont-fantome-de-blackfriars/ https://www.latamise.com/le-pont-fantome-de-blackfriars/#respond Wed, 11 Oct 2017 10:17:23 +0000 http://www.latamise.com/?p=753 Avez-vous déjà remarqué les piliers rouges plantés dans la Tamise entre les ponts routier et ferroviaire de Blackfriars ? Vous vous êtes peut-être déjà demandé quelle était l’origine de ces étranges structures. Rien de paranormal, rassurez-vous… Ces piliers soutenaient jadis un pont ferroviaire, inauguré en 1869 par la reine Victoria, le London, Chatham & Dover Bridge. À […]

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Avez-vous déjà remarqué les piliers rouges plantés dans la Tamise entre les ponts routier et ferroviaire de Blackfriars ? Vous vous êtes peut-être déjà demandé quelle était l’origine de ces étranges structures. Rien de paranormal, rassurez-vous…

piliers rouges pont de blackfriars

Ces piliers soutenaient jadis un pont ferroviaire, inauguré en 1869 par la reine Victoria, le London, Chatham & Dover Bridge. À cette époque, la ligne Londres – Chatham – Douvres fut prolongée jusqu’à l’ancienne gare St Paul, sur la rive nord de la Tamise.

Cette ligne devait faire partie d’une importante connexion nord-sud, précurseur de Thameslink, qui relie aujourd’hui 68 gares sur 225 km entre Londres et Brighton. Ce nouvel ouvrage remplaça une structure plus ancienne de neuf arches semi-elliptiques, datant elle de 1769.

The London, Chatham and Dover Bridge, en 1897.

The London, Chatham and Dover Bridge, en 1897.

Le pont fut conçu par Joseph Cubitt et ne comptait que quatre voies. Ce fut le premier pont ferroviaire à enjamber la Tamise en direction du centre-ville. Les travaux débutèrent en 1862 pour s’achever en décembre 1864. C’était une structure à poutres treillis en fer forgé, supportée par des piliers en maçonnerie et des jetées en matériaux mixtes. Les supports étaient ornés de majuscules romanes et décorés de grands boucliers multicolores, incorporant les blasons de la ligne Londres – Chatham – Douvres.

Ces piliers rappelaient par leur forme les colonnes que l’on trouve habituellement dans une église, pour commémorer le monastère dominicain du 13e siècle que l’on trouvait jadis à proximité. Le nom Blackfriars trouve son origine dans les Black Frères, en référence à la couleur noire du capuchon des dominicains.

frere dominicain blackfriar black frere

Frère dominicain, Black Frère / Black Friar.

 

Blason de la ligne Londres - Chatham - Douvres.

Blason de la ligne Londres – Chatham –
Douvres.

Vingt ans plus tard, en raison de l’augmentation rapide du traffic, il fallut déjà construire un second pont ferroviaire afin d’augmenter la capacité vers la gare St Paul. Ce deuxième pont, en aval, ouvert en 1886, portait à l’origine le nom de St Paul’s Railway Bridge et fut dessiné par John Wolfe-Barry et Henri Marc Brunel. Suite à la réorganisation des chemins de fer en 1923, la nouvelle compagnie Southern Railway décida de concentrer tous ses services longue distance et continentaux à Waterloo et Victoria. La gare de St Paul conserva uniquement les services locaux et intra-urbains. En 1937, elle fut rebaptisée Blackfriars Station et le pont changea également de nom.

Au milieu du 20e siècle, le pont datant de 1864 fut considéré trop fragile pour supporter les trains modernes, et la structure devenue obsolète fut démontée en 1985. Seuls les piliers décorés, ainsi que la culée sud de l’ouvrage ont été conservés et sont classés monument historique. 

Aujourd’hui, il ne reste que deux rangées de piliers, alors que le pont original en comptait trois. Lors de l’élargissement du pont ferroviaire de Blackfriars en 2012, la troisième rangée fut incorporée dans la structure du nouveau pont, qui accueille désormais la gare du même nom.

Les trois rangées de piliers avant l'élargissement du pont de Blackfriars

Les trois rangées de piliers avant l’élargissement du pont ferroviaire de Blackfriars.

 

Incorporation de la 3e rangée dans le nouveau pont-gare de Blackfriars.

 

À noter: le pont-gare de Blackfriars est équipé de 4400 panneaux photovoltaïques qui génèrent 50% de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la gare.

Le pont routier de Blackfriars

Le pont routier de Blackfriars (légèrement en amont du pont ferroviaire), majestueux ouvrage métallique datant de l’époque victorienne (1869), est parfois présenté comme la limite entre la mer et la rivière.

Du côté est (en aval), les sculptures d’oiseaux apposées sur les chapiteaux de l’ouvrage représentent des animaux marins (des mouettes par exemple) alors que l’on trouve du côté ouest (en amont) des espèces fluviales, comme le cygne.

Le pont routier de Blackfriars côté mer.

Le pont routier de Blackfriars côté mer (mouettes).

 

Le pont routier de Blackfriars côté rivière.

Le pont routier de Blackfriars côté rivière (cygnes).

Le pont routier de Blackfriars fut aussi le théâtre d’une macabre découverte le 18 juin 1982: le corps d’un banquier italien, Roberto Calvi, pendu les pieds dans l’eau, les poches lestées de briques et débordant de £10,000 en cash ! Selon son fils, il fut assassiné par la mafia. L’enquête officielle conclua au suicide…

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